Aujourd’hui je ne vais pas aller voter, comme je le faisais depuis très longtemps, assidument, et systématiquement, parce que j’ai toujours cru que c’était ça la démocratie, pourquoi utiliser l’imparfait vous questionnez vous peut-être, car c’est bien la question que j’ai voulu faire germer dans l’esprit d’une lectrice ou d’un  lecteur qui passerait par là voir ce qui s’y dit, oui pourquoi l’imparfait ?

Parce que ces dernières années, au travers lesquelles, j’ai découvert de nombreux autres regards sur le monde et ses structures, politiques, industrielles, sociales, sociétales, plus d’un cheminement de réflexion se sont amorcés, remises en questions fondamentales d’un nombre considérable de choses, et parmi elles, la validité des formes de démocraties adoptées depuis des décennies, dans un grand nombre de pays, et tout particulièrement celle en place actuellement en France, qui est bien sûr prioritairement celle qui est l’objet de ce partage d’opinion.

démocratie cause toujours

J’ai d’abord rejoins une forme de pensée assez communément répandue, qui consiste à diagnostiquer que notre démocratie, et par conséquent bien d’autres qui fonctionnent grosso modo sur le même modèle pour simplifier les choses, serait malade, puis petit à petit au fil de recherches plus approfondies, une autre éventualité s’est faite jour, et si il ne s’agissait pas d’un symptôme de dégradation du principe de délégation de la gouvernance, mais plus essentiellement d’une  version impropre de la démocratie véritable dans ce quelle a comme fondement et but constitutif et primordial, permettre à la volonté du peuple, non seulement de s’exprimer, mais plus précisément encore, de gouverner, de gérer lui même les choix communs, les règles de vie en communauté, et de décider en commun des résolutions induites de conduite des affaires courantes, et des relations avec le monde extérieur.

Notre système de gouvernance n’a plus rien à voir avec ce principe fondamental de la démocratie, il s’agit au mieux d’une oligarchie, qui est même en train de s’éloigner de plus en plus de ses fondations idéologiques.

démocratie moins mauvais système

La démocratie représentative qui est ce modèle adopté depuis fort longtemps, démontre ses lacunes et ses contradictions, ceux qui sont sensés nous représenter, s’emparent d’un pouvoir de délégation, qu’ils usurpent à des fins partisanes, personnelles, et dont ils abusent pour la plupart sans plus jamais avoir à rendre de compte, et sans interroger leurs concitoyens, afin de connaître l’avis majoritaire qu’ils subordonnent à leur propre position.

Je ne participerais plus à cette supercherie, une phrase m’a traversé l’esprit hier qui dit ceci en forme de slogan :

Si tu me représente, présente moi !

Je vous engage à questionner ce que vous attendez d’une démocratie, et de l’attitude que devraient avoir des élus, dont la seule légitimité réside dans une forme de délégation de pouvoir qui n’autorise en rien à monopoliser celui ci et à le capturer.

Cette posture nouvelle pour moi, me désarçonne encore quelque peu, tellement de conditionnements ont créé une telle enclave, qu’il n’est pas simple de s’en extirper.

Mais alors que faire, car s’il n’est plus question de voter, donc d’élire, que faire ?

Je suis passé par une phase ou le vote blanc m’a paru être un choix possible, cette option ne me semble pas efficiente, dans la mesure ou le vote blanc n’est pas reconnu à sa vrai valeur, et surtout déconsidéré, ce qui annihile sa seule perspective active possible qui consisterait à invalider une élection si la majorité des électeurs s’abstenait, non plus de voter, comme c’es devenu le cas, mais d’élire.

Le principe démocratique qui voudrait que ce soit la majorité qui décide, est bafoué au points que lors de certaines élections, celles ou ceux qui se retrouvent en place, ont été soutenu par à peine 25% des électeurs, cela vous parait exagéré, faites un calcul simple et rapide, 50% de vote de la part de 50% de votant réel !

Il y a bien une question primordiale qui me taraude, et qui me pose un problème majeur, qu’est ce qui nous prouve que la majorité prendrait les meilleures décisions ? Je n’en ai pour ma part aucune idée, et ne prétendais en aucune manière avoir de certitude en réponse à cette interrogation, ou disons plutôt que ce que j’en pense, invaliderait, non plus seulement la notion de représentativité, mais le principe démocratique en lui même, alors que le postula actuel auquel je me réfère encore garde à ce principe d’une vrai démocratie en action, toute sa légitimité.

Clairement, je ne suis pas certain, et j’oserais même dire au contraire que je suis plutôt convaincu, que dans nombre de cas, la majorité s’égare pour diverses raisons, et que bien souvent ce sont des minorités, voir des individus qui sont mieux éclairés, mais là j’avoue que défendre cette posture est difficilement concevable, il me semble alors inévitable, de garder le principe démocratique comme base de réflexion, et solution d’alternative possible, à ce qui n’en est plus une.

En effet tant que l’application réelle d’une démocratie effective, dont les rouages restent à définir, n’a pas été expérimenté vraiment et sur une période suffisamment longue tout n’est que conjoncture et hypothèses.

Un nombre grandissant d’initiatives, qui ont même tendance à se multiplier, se propage, le point commun à la plupart d’entre elles, en appelle à une reprise du pouvoir par le peuple, divers moyens sont envisagé pour y parvenir, la plupart se rejoignant sur un point celui de la réécriture de la constitution, tout au moins d’une rectification majeure de celle ci afin de passer à une autre forme de gouvernance. Je sens poindre malgré l’assentiment que j’accorde à cette vision, certains dangers, notamment celui de dérives possibles et de tentative de récupération par des esprits mal intentionnés.

définition démocratie

Je défends toutefois cette orientation possible, pour laquelle il faudrait alors qu’un mouvement majeur se développe, afin qu’au final, si toutefois une telle possibilité venait à se révéler active et entérinée, il y ait bien la plus large participation effective. Ce n’est que si une très large majorité des citoyens s’empare de cette opportunité, que celle ci pourrait devenir valide et légitime, or à mon grand regret, elle n’est pour l’instant encore portée que par des minorités, ne parvenant même pas à s’unir pour une telle cause, ce qui en dit long sur le chemin qu’il reste à parcourir pour qu’un véritable changement de rapport avec la gouvernance ne soit réellement tangible.

Au royaume des utopies, comme vous pourrez le constater j’occupe une place de choix, mais les utopies d’hier, sont les réalités d’aujourd’hui.

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